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Barbe et corrélations.

9 août 2009 Un commentaire
Beardwear / Made by Muhoksen Villa in Muhos, Finland for COMPANY.
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Formant une sorte de « crew empirique » en quête d’exotisme tropical, les hommes à pilosité faciale renforcée contrecarrent l’urbanisation physique récente de Shakira. Ils se placent de fait leader d’un marché en gestation. Poursuivons aux abysses des temps forts rencontrés durant la journée d’un échantillon dûment sélectionné : Monsieur Aurélien Wetzel, vingt quarte ans et sept mois.

Un pied dans la « créa », Aurélien est rationnellement réalisateur, peaufinant la bande-sonnore autoproduite de son dernier docu-fiction sur Gareth Pugh, il surnage. Le réveil carillonne pour la forme car, tributaire d’un régime « kitchen working » ou travail « sur la table de la cuisine », ses échéances sont autogérées. Premier geste significatif dés l’éclosion de ses sens, un barbu en règle palpe barbe et cheveux, s’assurant ainsi de leur non inquisition durant la nuit. Les statuts sont prémunis. Il faut à présent parvenir au plus pressé, immobiliser cette chanson de Ratatat sur le, soyons « mi-figue, mi-raisin », « Berryphone 3STouch » qui fait ici office de réveil aristocratique. Nectar fruitier, Bagel Lox/Creme Cheese et première cigarette sonnent comme l’incipit récurant et formalisé d’une journée clichée.

Un jean Acne dompté par une liquette à carreaux trouvée sur le parquet constituent la tenue décomplexé, mais non moins étudiée, du sujet Wetzel. Il domine pourtant bel et bien l’idéologie : la chemise à carreaux en rang depuis 2006 tend à être évincée par un t-shirt uni en coton ténu, un peu « loosy », aux manches courtes à revers « home made ». C’est plus « outsider » ainsi. L’emploi d’anglais dans les phrases du pays, ne sonne d’ailleurs qu’épisodiquement ridicule à ses lèvres. Sac en toile artisanalement sérigraphié par une amie graphiste à l’épaule, il est en passe de s’éployer au monde extérieur.

Adulé, les passantes dévotes fixent barbe et lèvres charnelles dés son introduction sur le pavé. Conscient et volontairement incrédule il ne s’écartera pas de son précieux Smartphone. Arrivé dans les officines de Submarine, ses financiers, il manage vaguement ses crédits avec le divisionnaire avant de s’adosser aux côtés d’autres barbus à carreaux. Ici, ils sont légions. Il est même de bonne guerre de « Bumper » de la fiche contact par bluetooth.

« Tiens, celle l’a m’a poké, je la sens assez opé ».
« Dude, note ce nom, elle veut un Scénic, c’est trop 1992. »
« Elle bosse chez Balmain, t’inquiètes. »

Aurélien se sent hâtivement d’humeur créative et rejoins son penthouse suite à la prérogative documentée suivante : « Amanda Lear was a beard man. » Nul besoin de farder les pulsions créatives ou l’animalité brute retrouvée durant l’après-midi.

Orgueil pérenne, Aurélien fait partie intégrante des hot-glitter-guest-list du soir et pléiades de groupes indie occultes sont à arbitrer. L’épiderme éclairé par une faible source de lumière indirecte, sa barbe apparaît plus chatoyante que jamais. Son tatouage circonspect à l’avant bras brise toute austérité en ajoutant une valeur tacite et courue à l’individu. Echafaudé dans les règles de l’art deux années auparavant, il prime sur la distinction institutionnelle. (31/12/07, 11:58 pm, 386 Old Street London par Henry Hate, slash, tatoueur d’Amy Winhouse, slash, Pete Doherty) Son oscillation virile entre fumoir et podium équivaut à un crachin de phéromones. Les naïades se frottent activement, conscientes qu’un baiser volé diligemment compte pour 10. Erudit, Aurélien dissipe les doutes, à ses yeux l’engagement traditionaliste est « out of mind ». A quoi bon s’enticher lorsque le plèbe est cramponné à ses pieds.

Après expectoration des résultats, ce groupe d’individus iconiques semble malgré tout doté d’une aorte fonctionnelle. Loin des ersatz à la pilosité faciale éparse, leurs tabloïds peuvent toutefois s’abréger en une triviale chanson de Yelle et/ou Claude Bazotti. Pourquoi ne pas mettre à profit la session de « booty shaking » gratuite fournie par China aux abords du van MTV pour pécho ? (Tacites sous-entrendus/But concret : enrôler celui qui assumera financièrement vos achats de tabac.)

Un commentaire »

  • Lucie dit :

    Je plussoie ! ;)